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Le vent

2023-04-24

Le vent
Lauri-Anne Francoeur
Quand j’ai commencé à apprendre la guitare, c’était dans le but de suivre les traces des artistes que j’admirais : Taylor Swift, Miley Cyrus. Elles écrivaient leurs propres chansons, s’accompagnaient et je savais que c’est ce que je voulais faire aussi. J’ai longtemps eu un blocage pour l’écriture de chansons, je ne savais pas du tout comment m’y prendre, comment commencer, quoi dire.  

Le vent
est la toute première chanson que j’ai écrite. Elle est née lors du décès de ma grand-mère en 2014. C’est elle qui marque le début de mon grand amour pour la composition. Je l’ai écrite dans le chagrin du deuil. Pourtant, Le vent se veut une chanson pleine d’amour et d’espoir dans laquelle je peins le portrait de ma grand-mère. C’était une femme vaillante et douce qui souffrait de démence lors de ses derniers jours. Cette maladie, est pour la plupart du temps lourde et difficile, mais je me souviens d’une phase plutôt joyeuse où elle dansait tout le temps. On la perdait pendant des heures parce qu’elle criait “youpiyoupiyou” en dansant sur Thunderstruck d’ACDC. Elle dansait dans la cuisine, dans le salon, sur le perron, été comme hiver. Elle était déjà assez âgée à l’époque, 90 ans, ce qui rend le portrait d’autant plus amusant. C’est pendant la maladie qu'elle m'a appris à siffler. Elle perdait un peu la mémoire et avait donc la patience de répéter la même mélodie mille et une fois pendant que je plaçais mes lèvres en forme de “o” pour réussir l’exploit. Je suis à ce jour une piètre siffleuse, mais souriante en pensant à mon professeur d’autrefois. 
Même si elle demeurait en Gaspésie et que je grandissais à Repentigny, je l’adorais et j’étais proche d’elle d’une certaine manière. Mes parents et moi allions la visiter dès que nous le pouvions et lorsqu’elle était résidente d’un CHSLD, j’amenais à chaque visite ma guitare pour lui chanter des chansons.  Au début de la chanson Le vent, je peins un portrait de la tristesse de son départ. Ensuite, je parle plutôt du souvenir que j’ai de son corps physique, de la fin qui était difficile et de ce qui m’a marqué d’elle. Tranquillement le chagrin se transforme en constatation, comme si la mort n’est que le début d’un voyage, d’un passage vers quelque chose d’intangible et fort. Peu importe où je suis, dans la forêt, sur la plage, peu importe où je regarde, dans les airs, sur la mer, elle est autour et en moi. Elle est ce mouvement imperceptible que l’on ressent, mais qu'on ne voit pas : le vent.
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